La filière solaire photovoltaïque poursuit son plein essor à La Réunion et prouve sa capacité à générer des emplois locaux et de l’énergie propre, mais attention, son écroulement potentiel à l'horizon 2011! (La Réunion, Energie solaire, Océan Indien)
En 2000, la Région Réunion décretait l'objectif du 100% Energie Renouvelable pour l'ïle de La Réunion. En 2002, une étude de TECSOL, commanditée par la Région Réunion, examinait en détail la problématique du solaire pour toutes constructions de l'île de La Réunion et propose la généralisation du solaire à toutes les constructions.
En 2003, les communes de Ste Marie, Ste Suzanne et Trois Bassins inauguraientt les
premières installations photovoltaïque connectéesau réseau EDF à l’île de la
Réunion, chacune d’environ 1kWC sur trois écoles solaires du programme régional. Dans le
même temps, des pionniers réunnionnais se lancent dans la production d’énergie solaire
vendue à EDF grâce à un programme de 150 installations de maisons individuelles
financée par la Région Réunion.
5 ans plus tard, La Réunion se dote en décembre 2007 de la plus grande
centrale photovoltaïque française, totalisant ... un Mégawatt de puissance crête
sur un bâtiment situé au Port, la SAPRIM, se hissant ainsi au niveau des
leaders européens du Photovoltaïque tel que l’Allemagne en terme de taille
d’installation : avec plus de 6.000 panneaux répartis sur une surface de 10.000 mètres carrés et bénéficiant d'un ensoleillement annuel moyen de 1350 heures, la centrale
installée sur les toits de la SAPRIM produira 1.350 MWh par an sur le réseau
EDF.
De nombreuses installations innovantes voient le jour. L'ARER Nord s'équipe en 2005 d'un pare soleil photovoltaïque en biverre, avec le concours de TENESOL. L'IUT de Saint-Pierre, centre de démonstration de l'énergie solaire, de la
thermique du bâtiment et de la HQE, s'est équipé en 2007 d'une remarquable
structure de "voile solaire" architecturée connecté au réseau EDF Réunion. Le siège social de l'ARER, sis à l'IUT de SAint-Pierre, est dorénavant autonome en énergie électrique solaire garantie en ce début d'année2009.
Courant 2008, Une deuxième centrale comportant 7.930 modules Photowatt sur
environ 13.000 m2,
située sur les toits de la SITAR à St Pierre a une puissance de 1,310 MW, fait
d’elle la plus grande ferme de France et bat encore une fois le record de
France détenue par la Réunion. Cette nouvelle unité de production d’énergie
solaire est un tiers plus puissante que l’équipement de la SAPRIM. C’est avec
le soutien financier de la Région Réunion et de l’Europe que ces projets,
portés par la SCE (Société de Conversion d’Énergie) conjointement avec le Groupe Séchilienne
SIDEC, ont pu voir le jour.
En Tout début 2009, Située sur les toits des bâtiments de la CILAM et de
SODICO, une nouvelle installation photovoltaïque d'une capacité de 2 MW a été
livrée. Celle-ci bénéficie des conditions climatiques particulièrement
favorables de l'île. Cette opération a été dimensionnée, installée par la
société réunionnaise SCE, Société de Conversion d'Energie, filiale à 95% du Groupe
Séchilienne-Sidec qui en assure l'exploitation depuis janvier 2009.
Sur le plan technique, la réalisation de ce champ solaire d'une surface de 14 815 m(2) soit 135 Wc
par m(2) a été permise grâce à la pose de 9 940 modules photovoltaïques et la
mise en place d'environ 80 kmde câble pour un investissement total de 11 millions d'euros.
La puissance installée de 2 MW permettra à cette centrale de produire 2.571
MWh par an, soit la consommation annuelle de 1.130 foyers réunionnais et d'éviter le rejet de 2.150 tonnes de
CO2 dans l'atmosphère.
Mais les petites centrales pour les bâtiments industriels, ou pour les maisons
individuelles, se révèlent tout aussi efficaces et nécessaires et se
développent un peu partout en connexion au réseau EDF Réunion.
Selon les chiffres de l’Observatoire
de l’Energie Réunion (OER), la puissance installée des sites raccordés au
réseau sur l’île de La Réunion, s’élève à 3 MWc, soit environ 230 installations
à fin 2006, à 10 MWc à fin 2007, à 20 MWc fin 2008. 2009 s’annonce comme une
grande année avec environ 40 MWc supplémentaire raccordé au réseau EDF, soit un
cumulé de 60 MWc à fin 2009 et un prévisionnel à fin 2010 de 100 MWc en cumulé.
Ce rythme d’installation pose la question de la saturation du réseau en
énergie intermittente et confronte EDF à un challenge technique jamais encore
traité : comment dépasser la barrière fixée par décret des 30% de la
puissance appelée sur le réseau EDF en énergie intermittente à ne pas dépasser: réponse produire de l'énergie intermittent "Garantie". Le PRERURE a décidé
en 2008 de créer et de dynamiser le groupe « Stockage des énergies
intermittentes » pour accélérer les processus de stockage et régulation de
l’énergie. GERRI a aussi repris ces objectifs techniques.
Réussir à produire de l'énergie solaire stockée et garantie est une urgence, sans quoi, d'ici à 2011, la croissance de l'énergie solaire sera brutalement interrompue!
C’est donc le développement d’une
longue aventure industrielle, d’urbanisme solaire et de construction durable.
Historiquement bien implanté dans les hauts, en site isolé depuis de
nombreuses années, le savoir faire se développe dorénavant en connexion au
réseau de distribution publique de l’électricité, grâce aux régimes de
défiscalisation, crédit d’impôts et achat du kWh solaire à un tarif incitatif.
La filière a l’avantage de déjà disposer d’une organisation complète de
commercialisation, issu de la filière solaire thermique. Une industrialisation
locale semble possible, dès lors que le rythme annuel de pose s’avérera
significatif, soit environ 10 mégawatts par an : des porteurs de projets
voient déjà dans l’assemblage de panneaux une piste envisageable. Disposer sur
l’île de La Réunion d’une usine d’assemblage et de recyclage des panneaux
solaires est une étape potentielle structurante et stratégique.
De nombreux opérateurs solaires se sont créés ces dernières années, tel que
ALTERELEC, CORELEC, GIORDANO ,
SETB, SOLEO, Séchilienne SIDEC...
liste non exhaustive. D'autres opérateurs historiquement présents dans le
photovoltaïque accroissent leurs activités, comme SOLELEC - TENESOL, BP SOLAR, EDF Energies
Nouvelles. Des bureaux d’études compétents tel que COTEL, INSET, SERT,
SOCETEM, TECSOL OI,
TOPBIS…liste non exhaustive, accompagnent ces projets solaires. Un ensemble d’entreprise
et d‘artisans de pose et maintenance des systèmes solaires a fleuri ces
dernière années et démontre le dynamisme économique de cette filière.
La Région Réunion,l’ADEME, EDF
Réunion, le SIDELEC et
l’ARER appuient ces démarches, renforcés par TEMERGIE, bras armé de la
recherche développement, association pour le recherche et le développement
industriel des énergies propres.
Le potentiel solaire à la Réunion et dans les îles est encore à
sérier correctement, mais il est considérable et il est indispensable de le
mettre en œuvre pour réussir l’autonomie énergétique de l’île.
A La Réunion, le potentiel d’installation a été évalué à plus de 600 MWc à
long terme par les études du Schéma d’Aménagement Régional sur les ensemble
urbains. L’ARER et ses membres se sont portés maître d’ouvrage d’étude de
potentiel solaire (TCO, CIVIS, Saint Paul, Le Port…. Ces analyses confirment
les évaluations du SAR.
Néanmoins, le potentiel global de l’île pourrait être bien supérieur si l’on
vise des toitures photovoltaïque anticycloniques intégrées.
Le potentiel en
terrain agricole fait par ailleurs l’objet d’un débat récurrent. Une charte régulée par une
commission décisionnelle sous l'égide de la préfecture, autorise des installations au sol sous réserve de
critères précis.
Le développement de la filière « Serre agrisolaire » répond à des enjeux qui répondent à ceux de l’énergie,
notamment en intégrant des dispositifs de stockage et de régulation de l’énergie
solaire, et relève les challenges relatifs à la sécurité alimentaire de l’île dans
le changement climatique.
Des projets d’envergure se dessinent autour de ces serres
« agri-solaires » pouvant totaliser 30 MW de puissance
photovoltaïque par serre, combinant la fonction de serre agricole pour le maraîchage
et des cultures à valeur ajoutée diverses, la production d’énergie solaire, le
captage d’eau et le stockage-déstockage de l’énergie photovoltaïque sous forme
hydraulique.
Le dimensionnement de l’autonomie énergétique, travaillé par l’ARER dans le
cadre du groupe Mix énergétique créé par le PRERURE à permis de sérier des
hypothèses de programmation sur chacune des filières ENR et MDE de La Réunion,
tout en intégrant les besoins en électricité pour les transports.
Comment dorénavant introduire massivement cette technologie sur l’île et
gérer les questions d’intermittence de cette énergie solaire, et réussir le mix énergetique en 100% énergie renouvelable ?
Organisée par les acteurs de l’énergie de La Réunion, l’Université d’Eté
d’Octobre 2005 aréuni une quinzaine d’îles et un groupe de travail s’est consacré à
l’examen de cette question. En sont ressortis plusieurs points cruciaux sur
lesquels les différents partenaires du photovoltaïque vont travailler afin de
promouvoir le développement de cette filière à grande échelle :
Le photovoltaïque connecté au réseau doit faire l’objet d’une étude
approfondie de l’impact sur le réseau électrique et des modes de consommation
possible du kWh solaire, l’étude des coûts et de ses performances. La connaissance
de son cycle de vie doit être approfondie. L’intégration architecturale et le
métissage avec les différents matériaux d’enveloppe de bâtiment doivent être
poussés.
Autant d’axes pour s’orienter vers des bâtiments à énergie positive,
stockée, assurant la régulation précise offre-demande en électricité.
Les recherches sur le stockage et
la régulation de l’énergie solaire et plus largement renouvelables
devront êtres amplifiés significativement pour produire de l'énergie solaire
garantie.
Le Groupe H2 RUN comme « Hydrogène Réunion et stockage des énergie
intermittentes », soutenu par la Région Réunion et animé par l’ARER a été
créé en 2006 à cet effet. Un programme de travail 2006-2008 en vue d’établir un
schéma directeur de filière rassemble différents partenaires européens et
locaux. Une grande part de l’électricité solaire pourra être autoconsommée et
stockée par les constructions, ou sous forme hydraulique, ou sous forme de
batterie type vanadium. L’excédent d’électricité solaire, comme d’autre production
d’origine renouvelable type éolien ou énergie des vagues, pourra être utilisé
pour l’électrolyse de l’eau (H20) et la production d’hydrogène.
Stocker l’énergie électrique d’origine renouvelable sous forme d’hydrogène
propre permettra de répondre aux besoins d’énergie dans les transports et à la
régulation offre-demande en énergie. L’impact au réseau électrique pourra ainsi
être géré. Des Piles à combustible, utilisant cet hydrogène stocké dans les
véhicules et les constructions, produiront alors de la chaleur, de
l’électricité et de l’eau. Les autres systèmes de stockage, type air comprimé,
vanadium, batterie sodium souffre, hydraulique seront comparé. Le schéma
directeur Stockage de l’Energie intermittente a été délivré en fin 2008 aux
acteurs réunionnais.
TEMERGIE pourra certainement prendre une part activité dans le développement
des ces technologies indispensable pour répondre au changement climatique.
Accroître les activités d’observations, de recherche et de
développement industriel est essentiel pour rentrer en compétition avec
les énergies fossiles et réussir le 100% renouvelable à La Réunion
Productivité énergétique des systèmes photovoltaïque, interactions du réseau
EDF avec les systèmes photovoltaïque, architecture du réseau insulaire et
stockage de l’électricité, courbes de charge et consommateurs, dimensionnement
des centrales à énergie intermittentes stockée et régulée, prédiction de
ressource et productible, monitoring et gestion centralisée, économie des
centrales photovoltaïques… sont autant des thématiques clés à développer.
Les grandes industries du solaires, Les centres de Recherche de l’Université
de La Réunion, en réseau avec les universitaires de l’Océan Indien et d’Europe,
le LE2P (Laboratoire Électronique Énergétique et Procédés), le LPBS (Laboratoire
de Physique des Bâtiments et des Systèmes) en recherche et Transfert de
technologie, avec un grand site démonstratifs Energies renouvelables à l’Institut Universitaire de technologie de Saint-Pierre, le
Développement des toitures solaires intégrées et d’étiquettes Energie bâtiment
solaire Réunion, l'aide au parcours des industriels à la Réunion par l’AD, l’association TEMERGIE enfin créée et
soutenu par la Technopole
de la Réunion , la plateforme Recherche-Développement appliquée (PFRD
ARER 2002 à 2006) qui veille et analyse des potentiels de transfert de
technologie Energie entre les îles, en coopération avec de nombreux étudiants
de grandes écoles européennes... Autant d'acteurs susceptibles de booster
l'énergie solaire à La Réunion. Liste non exhaustive…
La question du suivi qualité de la filière est tout aussi essentielle.
Généraliser le solaire pour toutes les constructions, ou comment
l’adaptation aux changements climatiques peut-il devenir un puissant
dispositif de développement économique!
L’émergence des projets de type « Le
Port, Ville Solaire » témoigne du changement d’échelle aujourd’hui
engagée par La Réunion et pourra inspirer les acteurs en Océan Indien.
L’urgence d’agir pour s’adapter au changement climatique ouvre aussi de
nouvelles opportunités économiques, et la filière solaire est au cœur de ces
enjeux. Elle répond aussi bien à des critères d’atténuation qu’à des critères d’adaptation
aux changements climatiques.
Ce qui est loin d’être le cas des installations d’énergies
fossiles actuellement programmées par l’Etat Français, en contradiction totale
avec les ambitions affichées du PRERURE et de GERRI et les exigences relatives aux changements climatiques.